Le réseau Mithridate, fondé dès juin 1940 par M. Pierre
Herbinger à la requête du M.I.6, fut l'un des plus importants de
la Seconde Guerre mondiale. Il rassembla plus de 1600 agents
répartis sur tout le territoire français, la Belgique et le Nord de
l'Italie.
Opérationnel jusqu'en 1945, il fut pourtant, à l'heure du
triomphe du gaullisme, délibérément laissé dans l'ombre. Si
quelques-unes de ses actions apparaissent dans les ouvrages
consacrés à la Résistance, son histoire spécifique n'a jamais
été relatée.
Pour mettre en lumière cette organisation très secrète,
Rogatien Gautier s'imposait. Surnommé «Number One» par
ses correspondants britanniques, son histoire se mêle intimement
à celle de Mithridate. Sans jamais se prendre pour un
héros, il raconte de l'intérieur la vie des hommes et des
femmes de ce réseau très actif, où il a tenu une place de plus
en plus importante, et témoigne de faits - soigneusement vérifiés
par Jacqueline Fournier - oubliés par l'histoire officielle.
L'aventure personnelle de «Number One» est à elle
seule une épopée. Le personnage est véritablement «extra-ordinaire»
: une audace vertigineuse, un courage qu'il ne
revendique jamais, une volonté inébranlable de réussir les opérations
les plus risquées, et une chance plus qu'insolente le
font échapper à maintes reprises aux pièges de la Gestapo et
de la Milice... avant d'être sacrifié par les Anglais qui en font
un appât pour les Allemands lors de l'opération d'intoxication
«Ayesha» liée à celle plus connue de «Fortitude».
Capturé, condamné à mort, «Number One» est sauvé in
extremis par la résistance belge qui intercepte le train qui le
conduit au coeur du Reich.