Au large d'une banale localité côtière, on retrouve le corps d'une noyée anonyme. C'est l'irruption de l'innommable dans le bien connu, la jonction dangereuse de « l'autre rive » et de la nôtre.
Rien de spectaculaire, pourtant, dans cette apocalypse. Elle a lieu l'air de rien ; et si tant est qu'ils la remarquent, les aimables et fantoches habitants du lieu ne voient pas leur humble existence bouleversée. Le vide s'ouvre sous leurs pieds, mais ils poursuivent leur bout de chemin. Le décor de leur quartier est au bord du néant, mais il se maintiendra avec une vaillance tranquille. Tout et tous survivront à cette découverte indifférente de la mort - en tout cas pour un certain temps.
Ruine de roman ? Récit métaphysique ? Aventure du langage ? Cette histoire qui tourne prosaïquement et abstraitement, gravement et facétieusement autour d'une lacune échappe aux classifications. Elle appelle le lecteur à se désancrer de tout repère pour succomber au mouvement de vortex de son écriture.