De la bohême new-yorkaise au MoMA et à la direction de la Biennale de Venise, le parcours de Robert Storr est sans équivalent. « Critique par accident », il n'aura cessé d'interroger l'art de son temps avec exigence et passion, insoucieux des modes comme des diktats des théoriciens.
Des années 1980 à nos jours, Storr observe l'histoire de l'art en train de se faire, le retour de la peinture (chez Peter Saul comme Susan Rothenberg) et la multiplicité des formes du grotesque (de Louise Bourgeois à Eva Hesse), s'attachant par ailleurs à récapituler l'ample trajectoire des classiques du XXe siècle (de David Smith à Jasper Johns en passant par Ellsworth Kelly et Robert Ryman). Curieux de toutes les nouvelles formes et nouvelles voix, il défend obstinément des artistes noirs (de Kara Walker et Carrie Mae Weems à Malick Sidibé) ou issus des minorités sexuelles (Felix Gonzalez-Torres), des oeuvres sous-estimées (comme celles de Gego ou d'Alex Katz) ou des disciplines minorées, notamment la bande dessinée (chez Art Spiegelman ou Robert Crumb).
Servie par un style tendu, digressif et précis à la fois, et l'érudition d'un immense lecteur, l'oeuvre critique de Robert Storr offre un point de vue irremplaçable sur l'art du dernier demi-siècle. Complété d'une chronologie et d'une bibliographie, le présent ouvrage en constitue la première anthologie en langue française.