Le parcours des «terres d'enfance» proposé dans ce livre,
de la banlieue new-yorkaise à Téhéran, de Bagdad à Bakou,
de Erevan à Istanbul, de Beyrouth à Trébizonde, de Paris à
Mouch, gomme volontairement l'espace et le temps. Tous les
acteurs de ces voyages involontaires, sous une forme ou une
autre, ont écrit sur les paysages ruraux ou urbains de leur
enfance, retrouvant dans des quotidiens contrastés la marque
de leur appartenance multiple : une identité revisitée dont
chaque signe est vécu dans le regard de l'autre.
Les textes rassemblés dans cette anthologie sont pour
la plupart autobiographiques : ce sont des autofictions ou
des témoignages, des documents «qui recréent la vie» et
réinventent une continuité dans les bribes et les itinéraires.
Quel que soit le genre, il s'agit toujours d'un regard sur une
enfance réinterprétée, entre souvenirs et rémanences. Si,
comme en Occident, l'écolier a été une figure montante de
la littérature, les violences et les ruptures qui ont marqué
l'histoire des Arméniens au XXe siècle ont assigné à l'enfant
une fonction charnière dans la transmission d'une langue et
d'une histoire.