Voyager au plus profond des processus de productions de subjectivités ressemble à une navigation à la surface des flots. Il faut, pour ce genre d entreprise, le courage et l insolence du marin son inconscience aussi mais également la persévérance et l endurance de l explorateur « à la Jules Verne », ou, mieux, celle du mineur de fond. L explorateur qui entreprend un tel voyage se devra donc d avoir les qualités du généalogiste et celles de l archéologue. Sera-t-il pour autant un historien ? Pas sûr ! Que veut dire : « Processus de productions de subjectivités » ? C est cette question que se sont coltinés nombre explorateurs, de Soares (Pessoa) à Kafka, de Deleuze à Guattari (et de Guattari à Deleuze), d Eisenstein à Héraclite, de Chamfort à Joubert sans parler de Nietzsche. Suivant leur exemple, et plutôt que de tenter de répondre directement, de front, c est-à-dire théoriquement à cette question, le présent ouvrage se veut une expérimentation, une pratique de ce type de voyage au sein des processus de productions de subjectivités. L affirmation de ce que sont (devraient être) les productions de subjectivités revient toujours à les rabattre sur le « Sujet » qui, nous a enseigné Artaud, empoisonne l Occident chrétien depuis si longtemps. Alors s explique que le pluriel soit de mise à processus, à productions et à subjectivités quand bien même ceux-ci (celles-ci) semblent aboutir à un individu : un être humain, une fleur, un chat... un livre.