De 1940 à 1944, plusieurs dizaines de milliers de militaires, de tous grades, de toutes origines et de toutes sensibilités, ont rejoint le combat de la Résistance intérieure, prenant leur part dans le relèvement de la France. Ils apportèrent à la Résistance leurs qualités propres de patriotisme, de rigueur et de connaissance du métier des armes. Ils reçurent en retour la force d'un lien armée-nation, ainsi qu'une forme de respect et de fraternité, forgés et nourris dans les épreuves. A la Libération, silencieux par devoir de réserve, par modestie, ou par méfiance pour les tentatives de récupération politique et de détournement des idéaux de la Résistance, peu d'entre eux cherchèrent à se prévaloir de cet engagement. Du reste, beaucoup, dès le lendemain de la guerre se trouvèrent engagés hors de la Métropole. Ceci eut pour conséquence de minimiser leur rôle aux yeux de l'opinion. Pourtant, dans les seuls rangs de l'Organisation de résistance de l'armée, 2 400 militaires périrent, tués au combat ou en déportation, sans oublier les représailles subies par leurs familles. Le colloque international Les militaires dans la Résistance en Ain-Dauphiné-Savoie de 2008, dont cet ouvrage contient les actes, s'est fixé pour tâche de combler cette lacune historique.