2 juin 2026 - Avis rédigé par Pierre P.
Un monde ouvert
AUX DIMENSIONS DU MONDE (2004)) premier recueil de poèmes de Mathieu Terence, rappelle que la parole poétique, comme l'eau de source avec laquelle elle partage une limpidité épiphanique, chemine nocturnement au cœur du vivant, dans la profondeur de secrètes solitudes, avant de surgir à la lumière du jour qu'elle vient fauvement illuminer.
"Elle ne durera pas
Mais elle montre
De quel toujours
Elle est capable."
Poésie incarnée, poésie de la présence, poésie d'une sensualité flaubertienne, le lyrisme qui la sous-tend, semblable à la panthère de Rilke, "paraît une danse de force autour d’un centre". Ici, le centre est une île, à la fois seuil et sein d'une intimité souveraine, où l'être se tient toujours aux commencements des choses. C'est l'axe ombiliqué d'une totalité et, pour celui qui en embrasse la respiration océanique, chaque vague le mène et le ramène à "ce qui précède l'homme. Ce qui succède au monde."
"Ce n'est pas tant
Qu'elle est immobile,
C'est plutôt qu'elle tait
La démesure de son voyage"
Ici, le ciel et l'océan se tutoient nuptialement: " Il y a dans ces bleus/Toujours au mieux avec eux-mêmes/Quelque chose qui ne se cache pas d'être heureux." Solitaire mais solaire, à la fois terre et cosmos, lieu d'un ancrage aussi fluide qu'aérien, l'île magnétise et se fait la consécration d'un pèlerinage aux sources de l'enfance, d'un éternel retour à l'élémentaire, comme le célébrait T.S.Eliot: "Et le terme de notre quête/sera d'arriver là d'où nous étions partis/Et de savoir le lieu pour la première fois."
Avec une musicalité impressionniste et dépouillée, d'une simplicité "toute neuve" (dixit Erik Satie), Mathieu Terence en cueille toutes les nuances, auprès de l'aimée ( ce"Toi" qui ouvre le recueil) et on se dit qu'un tel compagnonnage idyllique n'est pas le seul fait des circonstances, mais l'une des clés alchimiques d'un art de vivre et d'aimer qui, au fil des ans, déploie une œuvre d'une jeunesse croissante et d'une maturité en fleur.
Evoquant la poétique de Saint-John Perse, Colette Camelin "Il s’agit de tendre à l’accomplissement de l’aventure humaine, c’est-à-dire [...] la prise de conscience de l’insertion de notre existence finie dans l’infini et, ainsi, d’atteindre le degré le plus élevé du pouvoir créateur humain."
AUX DIMENSIONS DU MONDE (2004)) premier recueil de poèmes de Mathieu Terence, rappelle que la parole poétique, comme l'eau de source avec laquelle elle partage une limpidité épiphanique, chemine nocturnement au cœur du vivant, dans la profondeur de secrètes solitudes, avant de surgir à la lumière du jour qu'elle vient fauvement illuminer.
"Elle ne durera pas
Mais elle montre
De quel toujours
Elle est capable."
Poésie incarnée, poésie de la présence, poésie d'une sensualité flaubertienne, le lyrisme qui la sous-tend, semblable à la panthère de Rilke, "paraît une danse de force autour d’un centre". Ici, le centre est une île, à la fois seuil et sein d'une intimité souveraine, où l'être se tient toujours aux commencements des choses. C'est l'axe ombiliqué d'une totalité et, pour celui qui en embrasse la respiration océanique, chaque vague le mène et le ramène à "ce qui précède l'homme. Ce qui succède au monde."
"Ce n'est pas tant
Qu'elle est immobile,
C'est plutôt qu'elle tait
La démesure de son voyage"
Ici, le ciel et l'océan se tutoient nuptialement: " Il y a dans ces bleus/Toujours au mieux avec eux-mêmes/Quelque chose qui ne se cache pas d'être heureux." Solitaire mais solaire, à la fois terre et cosmos, lieu d'un ancrage aussi fluide qu'aérien, l'île magnétise et se fait la consécration d'un pèlerinage aux sources de l'enfance, d'un éternel retour à l'élémentaire, comme le célébrait T.S.Eliot: "Et le terme de notre quête/sera d'arriver là d'où nous étions partis/Et de savoir le lieu pour la première fois."
Avec une musicalité impressionniste et dépouillée, d'une simplicité "toute neuve" (dixit Erik Satie), Mathieu Terence en cueille toutes les nuances, auprès de l'aimée ( ce"Toi" qui ouvre le recueil) et on se dit qu'un tel compagnonnage idyllique n'est pas le seul fait des circonstances, mais l'une des clés alchimiques d'un art de vivre et d'aimer qui, au fil des ans, déploie une œuvre d'une jeunesse croissante et d'une maturité en fleur.