Édition relue & corrigée (octobre 2025).
«Autre chose ; je déteste les Français jacasseurs, avec leurs petites poses & leurs manières onctueuses & je défendrai la culture & la tradition anglaises avec ma dernière goutte de sang. Mais cependant, je vois clairement que les Français possèdent une culture plus profonde que la nôtre – que leur perspective intellectuelle est infiniment plus claire que la nôtre & que leurs goûts sont infiniment plus éloignés de la simplicité animale. Quel Anglo-Saxon aurait pu écrire la Comédie humaine de Balzac ou Les Fleurs du mal de Baudelaire ? […] Le Français est certes notre supérieur – qu’il soit maudit – mais il ne posera jamais le pied sur un pouce de sol anglais ; pas tant que les Wellington & Nelson, Phipps & Wolfe tiendront les frontières de notre race dans l’Ancien & le Nouveau Monde… pas tant que les clochers géorgiens de Boston & de Providence résonneront de joie à la chute de Louisburg & de Québec ! […] Je crie joyeusement à chaque prise française que le capitaine Abraham Whipple (mon ancêtre collatéral) ramène dans le port de Providence & livre à la cour de l’amirauté de Sa Majesté à Newport – mais je reconnais néanmoins que les Français sont plus profondément civilisés que nous."
Mort à quarante-sept ans il y a quelque quatre-vingt-dix ans, Lovecraft est l'auteur d'une correspondance extraordinaire, tant par son volume (100 000 lettres ?) que par sa liberté de ton et le personnage excentrique proprement littéraire qu'elle dessine insensiblement. Ces lettres sont pour la première fois traduites en français.
Cet ouvrage contient aussi quatre textes inédits : Quelques souvenirs, par James F. Morton ; Lovecraft tel que sa femme s'en souvient, par Sonia H. Davis ; Le sage de Providence, par Maurice W. Moe ; 1916-1937, mémoire d'une amitié, par Alfred Galpin