Apprendre à souffrir est une partie essentielle et éminemment pratique de la science de la vie. Par la plume d’or de Platon, la sagesse antique avait formulé cette règle de toute vie raisonnable : « La philosophie n’est qu’un apprentissage et une anticipation de la mort. »
Elle cède le pas toutefois à une autre science encore plus universellement nécessaire. Cette philosophie est si énergiquement contredite par l’instinct naturel, et celui-ci, abandonné à lui-même, a une telle horreur de la mort que des maximes purement abstraites seraient impuissantes à nous faire faire ce dur apprentissage. Il faut à la fois les leçons et les exemples d’un maître.
Les leçons, Jésus-Christ les a données dans ses prédications ; l’exemple se trouve dans sa Passion, et surtout l’épisode suprême du Crucifiement, renfermant tout à la fois la leçon doctrinale et la leçon pratique ; elle contient, au plus haut degré et d’une manière complète, la science du bien mourir. C’est en effet, dans l’acte même de sa mort, au cours d’une terrible agonie de trois heures, que Jésus a laissé tomber de ses lèvres sept paroles qui résument, dans leur divine brièveté, toutes les parties de cette science maîtresse, sans laquelle le plus grand génie du monde est d’une lamentable ignorance au regard de ces petits et de ces simples qui ont appris de Jésus-Christ comment il faut mourir. Les paroles de Jésus mourant sont, pour tout homme, une source inépuisable de lumières, de grâces, et d’inspirations.