Etablir dans la concertation un diagnostic sur la situation actuelle des régimes de retraite et leur évolution future, poser de façon claire les termes du débat sur les retraites, préparer les bases des négociations et décisions politiques à venir : tel est l'objet du premier rapport que le Conseil d'orientation des retraites a remis le 6 décembre 2001 au Premier ministre.
En France, comme dans de nombreux pays étrangers, le système de retraite est confronté à un défi majeur, lié au contexte démographique nouveau dans lequel, tout à la fois, l'espérance de vie s'allonge et les générations nombreuses de l'après guerre vont partir à la retraite. Le déséquilibre financier qui en résulte est, en outre, aggravé par l'exclusion persistante du marché du travail des salariés de plus de 50 ans.
A la suite de travaux approfondis, le Conseil fait une estimation des besoins de financement des régimes, de l'ordre de 4 à 6 points de PIB en 2040, selon le mode d'indexation retenu. Ces besoins peuvent être couverts en restant dans le cadre du système actuel à condition, toutefois, que des mesures soient prises.
Le Conseil présente trois orientations qui lui paraissent essentielles pour les décisions futures :
- redéfinir les termes du contrat entre les générations qui fonde notre système de retraite, pour en réaffirmer les principes et les compléter par des principes nouveaux correspondant aux préoccupations de notre temps ;
- engager une grande politique nationale du travail et de l'emploi des plus de 50 ans, actuellement largement évincés du marché du travail ;
- répondre à l'inquiétude des Français sur le niveau de leur pension future par rapport aux salaires, en fixant un objectif clair sur ce niveau.
Le Conseil présente, en les chiffrant, des mesures dont le choix relève, en définitive, de l'Etat et des partenaires sociaux : redéploiement de financements existants, augmentation des taux de cotisation, élargissement de l'assiette des financements, allongement de la durée de cotisation...
Le Conseil d'orientation des retraites va poursuivre ses travaux. Des projections financières régulières, l'approfondissement de nouvelles questions et la concertation sont la meilleure chance d'engager ultérieurement une négociation sur des bases solides et sereines permettant de préparer les décisions.