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La semaine de solidarité RecycLivre

Quand vous travaillez à RecycLivre, vous avez la chance une fois par an de prendre une semaine de votre temps pour la confier dans une action qui vous tient à cœur et pour laquelle vous souhaitez vous engager.

Nous appelons cela la semaine de solidarité.

Nous avons tous des visions différentes de l’engagement. J’ai choisi de proposer mon aide dans une structure d’accueil des migrants. Je voulais porter mon regard sur une réalité que je n’arrivais pas à cerner, réalité biaisée par des regards lointains et parfois peu bienveillants.

En juin 2018, nous avions organisé à Lille une Boite à Lire Éphémère devant nos locaux.
L’idée était simple : offrir 3 livres par personne sans contrepartie. Cette journée m’a fait rencontrer une bénévole d’Utopia 56 qui accompagnait justement des migrants pour récupérer des livres. La connexion était faite, je m’inscrivis sur leur site, et planifiai une semaine de présence sur Calais avec eux.

équipe de bénévoles devant le refugee youth service

Une courte immersion à l’auberge des Migrants à Calais

J’arrivai un lundi du mois d’octobre dans un énorme hangar ou fourmillaient des dizaines de bénévoles. Pardon, ce n’est pas tout à fait vrai. Des sourires, voilà avec quoi j’ai été accueilli.
J’avais le sentiment d’être adopté par une famille, or j’appris après qu’une grande partie de ces membres étaient arrivés quelques jours voire à peine quelques heures avant moi.

Utopia 56 est une association parmi d’autres associations anglaises et françaises qui occupent le même bâtiment et se partagent des missions d’aide aux migrant : Alimentation, matériel de survie, éducation, socialisation, militantisme… Et tout cela ne repose quasi essentiellement que sur notre générosité humaine et matérielle.

La journée commence par un briefing avec la cinquantaine de bénévoles.
Tout le monde se réunit et nous commençons par des exercices d’échauffement physiques, très drôles, soit dit en passant.
Chaque jour sont rappelées les règles de respect de l’autre, de son identité dans tous ses aspects. On fait alors le point sur les besoins du jour. Et durant toute la journée, à tour de rôle, deux personnes portent un gilet jaune qui permet à chacun d’être réorienté vers une activité en demande d’aide.
Tout se fait naturellement, très vite tu intègres un des nombreux ateliers : réceptionner les dons, tri des duvets, préparation des vêtements, cuisiner les repas, réparer les tentes, couper du bois….

Couvertures camp migrant

« It’s a couette »

Prenons par exemple l’atelier « couverture » : une personne présente depuis plusieurs semaines vous explique tout le process, comment reconnaître un duvet, une couverture, une couverture secondaire (qui ne couvre pas tout le corps), mettre à laver, envoyer en réparation…
A cela s’ajoute des explicatifs écrits et dessinés partout pour que ce savoir et cette organisation perdurent. Le tout en anglais, langue universelle pour échanger avec tes collègues anglais, allemands…. Même si certains bénévoles français un peu perdus ont surtout utilisé le langage du geste pour pallier.. Bizarrement, personne ne comprenait Mathilde quand elle disait « it’s a couette ».
Durant la journée, d’autres équipes viennent alors chercher selon leurs besoins, duvets, couvertures et couvertures secondaires en vue de la distribution du lendemain. Et l’équipe réception des dons vient te déposer de nouveaux arrivages à trier.
Dès le second jour, j’étais devenu l’expert du tri des couvertures, le savoir était passé, je pouvais former de nouveaux bénévoles à cet atelier.

Car l’auberge des migrants ce sont des personnes de divers pays venant pour 1 jour à 1 an, seul, en couple ou en famille, avec une incroyable énergie solidaire, on ne cherche pas un poste à fonction, on cherche à être utile. Une quête de sens assouvie dans une société parfois folle.

bénévoles préparent le repas pour la distribution

La distribution

En préparant cette semaine de solidarité, je pensais que mon « job » allait être de distribuer de la nourriture dans des camps. En réalité, la distribution n’est pas un acte simple comme on pourrait le croire, je crois que c’était un de mes préjugés les plus forts.
Avant d’aller en distribution, vous suivez un « field training ». L’intérêt est de se rappeler de la place de la condition humaine de l’autre dans nos actions.
Cette formation est le résultat de l’expérience, encore une fois transmises de bénévoles en bénévoles par des mises en situation, bévues chaque jour en « distro », argot de distribution.
Ne jamais privilégier une personne, ne jamais faire de fausses promesses, ne pas ressasser leur passé par des questions anodines, pourquoi prendre une photo d’un migrant équivaut à signer un retour forcé au pays…. On vous prépare aussi à gérer d’éventuels conflits avec la police.

Panneau #MoreThanAMigrant

Toute cette énergie a-telle un sens ?

Universellement, nous avons un rôle : s’assurer que l’Homme puisse avoir sa place au cœur de notre société. L’Homme n’a besoin d’aucune raison pour en faire partie, c’est sa place légitime.

Les migrants sont des populations en transition, nous n’avons pas à questionner leurs raisons, par contre nous pouvons questionner notre volonté à leur offrir une dignité vitale.

Cette semaine fut bouleversante, touchante et m’a donné une foi plus vive encore en la solidarité et notre capacité à tous à être meilleurs. Il suffit juste d’ouvrir un peu plus grand les yeux.

Johann

Si vous voulez aider :
http://www.utopia56.com/fr
https://www.laubergedesmigrants.fr/fr/lassociation/

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